Les renseignements contenus dans cette page sont tirés d’une des fiches sur la persévérance scolaire de Réunir Réussir.
L’enseignant est un adulte significatif pour le jeune, au même titre que ses parents. La qualité de la relation entre l’enseignant et l’élève exerce ainsi une influence prépondérante sur la réussite scolaire de ce dernier, influence parfois sous-estimée par l’enseignant lui-même.
L’activité intellectuelle de l’apprentissage nécessite un minimum de sécurité et de bien-être auxquels l’enseignant peut contribuer par des interactions chaleureuses et positives.
L’enseignant a un impact majeur sur la perception qu’ont les élèves de leurs compétences, de leur engagement scolaire, de leur appréciation de la valeur des matières scolaires, de leurs attentes en matière de succès, ainsi que de leur rendement scolaire. La qualité de la relation est d’autant plus importante pour les élèves exposés à plusieurs facteurs de risque de décrochage. Les conflits avec les enseignants sont souvent invoqués par les décrocheurs pour expliquer leur abandon.
- 1
Ce que dit la recherche
L’impact de la relation maître-élèves sur la réussite et la persévérance scolaires des jeunes fait l’unanimité et cela est particulièrement vrai pour les jeunes à risque. Les relations avec les enseignants seraient particulièrement importantes pour les enfants qui manifestent des problèmes de comportement ou d’apprentissage. Il a été démontré qu’établir très tôt des relations significatives avec des adultes non familiers permet aux enfants les plus vulnérables d’acquérir les compétences sociales et comportementales nécessaires au développement et au maintien scolaire1.
L’Institut de la statistique du Québec, dans le cadre d’une analyse issue de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ)2, révélait que « Les élèves de milieux défavorisés qui font l’objet de relations bienveillantes et aidantes avec leurs enseignants, tôt dans leur parcours scolaire, perçoivent de façon plus positive leur environnement scolaire ».
Les élèves ayant des problèmes de comportement montrent une meilleure capacité d’adaptation et de meilleurs résultats scolaires s’ils ont vécu des relations chaleureuses avec leurs enseignants dès leur entrée à l’école.
Une bonne relation maître-élèves constitue également un important facteur de protection dans les moments de transition scolaire, cela qu’il s’agisse du passage de la famille ou du CPE à l’école, du préscolaire au primaire, ou du primaire au secondaire3. Des données tirées d’une étude longitudinale américaine4 indiquent également que les étudiants du secondaire qui ont noué des relations significatives avec leurs enseignants présentent des taux plus bas de détresse psychologique, d’idées suicidaires ou de tentatives de suicide, de comportements violents, de consommation de drogues ou d’activités sexuelles à risque. À l’inverse, lorsque les jeunes ne bénéficient pas de relations significatives, ces comportements négatifs affectent particulièrement les élèves les plus à risque.
L’ELDEQ, étude mentionnée précédemment, apporte également un éclairage sur l’évolution dans le temps de la relation maître-élèves. On y apprend que si 68 % des enseignants de la maternelle jugent avoir une relation proximale et chaleureuse avec les petits, ce taux passe, pour les mêmes enfants, à 47 % en quatrième année. Quant aux élèves qui disent aimer leur enseignant, le taux passe de 89 % à 75 % entre la première et la quatrième année du primaire.
POUR EN SAVOIR PLUS
Persévérance et décrochage : que deviennent des élèves de maternelle 12 ans plus tard?
- 2
Pour agir efficacement
Si la qualité des relations avec les enseignants peut avoir des effets sur les comportements ou les apprentissages des jeunes, l’inverse est aussi vrai. Toujours selon l‘étude de l’ELDEQ, les enseignants estiment généralement avoir une moins bonne relation avec les enfants ayant des problèmes de comportement ou ceux issus de milieux défavorisés.
Le fait que les enseignants entretiennent généralement de moins bonnes relations avec ces clientèles a également été rapporté dans plusieurs études américaines. Ces données sont préoccupantes, sachant que les élèves de ces milieux qui font l’expérience de relations bienveillantes tôt dans leur parcours perçoivent l’école de façon plus positive. Même chose du côté des problèmes de comportement, puisque ces enfants peuvent, s’ils ont vécu des relations chaleureuses dès leur entrée à l’école, démontrer une meilleure capacité d’adaptation et obtenir de meilleurs résultats scolaires. Il apparaît donc primordial d’agir prioritairement sur la relation maître-élèves pour améliorer la situation de ces jeunes vulnérables.
- 3
Quelques pistes pour agir efficacement sur la relation maître-élèves
Faire en sorte que le personnel enseignant établisse avec ses élèves des relations supportantes et chaleureuses dès l’entrée à l’école, particulièrement en milieu défavorisé, en sensibilisant toute l’équipe-école à cette réalité
- Pour favoriser des transitions réussies lors des différentes étapes du parcours scolaire (maison ou CPE-école, primaire-secondaire, secondaire-cégep, etc.)
- Pour mettre très tôt en place les conditions nécessaires à un engagement actif et positif des parents avant, pendant et après l’entrée à l’école
- Pour atténuer les effets négatifs des troubles de la conduite ou du comportement de certains élèves sur la qualité de la relation maître-élèves (programmes d’intervention précoce qui font la promotion de l’autocontrôle des comportements et des émotions, du développement des compétences sociales et cognitives auprès des jeunes, ainsi que de la formation aux enseignants pour intervenir positivement auprès de ces jeunes au lieu de les isoler ou de les exclure)
Développer des modèles de discipline positifs qui maintiennent des attentes élevées pour tous les jeunes
- En instaurant un système de gestion de conflits constructif (systèmes de médiateurs pour la gestion des conflits, communication positive, etc.)
- En déployant des systèmes de soutien aux comportements positifs qui s’appuient sur un enseignement explicite et la mise en valeur des attitudes et des comportements attendus
- En mettant en place un système de suivi individualisé pour les élèves en difficulté (mentorat, suivi psychosocial, ateliers de réflexion, etc.)
- En misant sur le renforcement positif et les encouragements plutôt que sur les systèmes de punitions, de récompenses et d’exclusion
Mettre en place des activités qui permettent d’augmenter le temps de qualité que passent ensemble les élèves, les enseignants et le personnel scolaire (activités parascolaires, mentorat, engagement communautaire ou tutorat avec les enseignants, groupes stables, etc.)
Étendre le réseau d’adultes disponibles en mesure de soutenir et d’accompagner les jeunes
- Pour permettre au personnel non-enseignant et aux intervenants de la communauté de travailler ou de participer à des projets avec des élèves
- Pour créer des réseaux d’adultes supportants autour de certains jeunes et de leurs familles
- 4
Références
- Hamre K. et C. Pianta (2006), Students teachers relationships.
- Desrosiers H., Japel C., Singh P. R. P., et Tétreault K. (2012), La relation enseignante-élève positive : ses liens avec les caractéristiques des enfants et la réussite scolaire au primaire. Je suis, je serai, Institut de la statistique du Québec, vol. 6, fascicule 2, juin 2012.
- Wentzell K. (1998), Social Relationships and Motivation in Middle School: The Role of Parents, Teachers, and Peers, Journal of Educational Psychology, 998, vol. 90, no. 2, 202-209
- The National Longitudinal Study on Adolescents Health (1994-2008), Les principaux résultats de l’étude peuvent être consultés sur : http://ucdata.berkeley.edu/pubs/addhealth_data_presentation_suli.pdf
Puisque l’obtention d’un diplôme passe par l’acquisition de connaissances et la réussite dans certaines matières scolaires, la façon de transmettre ces connaissances joue aussi un rôle dans la persévérance scolaire des jeunes. Les pratiques pédagogiques et éducatives de l’enseignant auront un effet sur l’intérêt général de l’élève pour la matière enseignée, et plus largement, sur son appréciation de l’expérience de l’apprentissage.
- 1
Ce que dit la recherche
Les décisions pédagogiques, c’est-à-dire ce qui sera enseigné et la manière dont ce sera fait, ont une incidence majeure sur le rendement des élèves et sur les apprentissages qu’ils font. En bout de ligne, ces mêmes décisions pédagogiques influencent également les résultats à long terme des élèves en difficulté et éventuellement l’obtention du diplôme. Le chercheur Néo-zélandais Hattie a étudié1 plus de 800 méta-analyses, lesquelles résument 50 000 études individuelles portant sur ce qui constitue un bon enseignement. Plus de 250 millions d’élèves ont été concernés par ces recherches. Ci-dessous, quelques-uns des 136 facteurs d’influence que Hattie évalue dans son livre. Ils indiquent quels sont les facteurs qui, pris individuellement, favorisent ou nuisent à l’apprentissage.
Ce qui NUIT à l’apprentissage
- Le redoublement
- Trop de télévision
- De longues vacances d’été
Ce qui NE NUIT PAS, MAIS N’AIDE PAS non plus
- L’enseignement ouvert
- Les classes multiâges
- L’enseignement et l’apprentissage Web
Ce qui AIDE PEU
- De petites classes
- Les ressources financières
- L’apprentissage par la découverte
- Les devoirs
Ce qui AIDE à l’apprentissage
- Des contrôles réguliers des résultats
- Des mesures d’encouragement au préscolaire
- L’enseignement dirigé par l’enseignant (enseignement explicite)
- Des offres supplémentaires pour les jeunes doués
Ce qui AIDE VRAIMENT
- La rétroaction de l’enseignant
- L’apprentissage par problèmes
- La formation continue des enseignants dans la discipline enseignée
- Des programmes efficaces pour l’enseignement de la lecture
- La relation de confiance entre l’enseignant et l’élève
Ce qui ressort essentiellement des travaux de Hattie, c’est que l’enseignant est l’élément le plus déterminant dans la réussite des élèves. Cet effet s’appuie principalement sur deux points : le choix des méthodes d’enseignement et la qualité de la gestion de classe. En ce qui concerne les méthodes, celles qui s’appuient sur un enseignement explicite2 sont considérées comme les plus efficaces, alors que les pédagogies de type « découverte » n’aident que peu et seraient même contre-indiquées pour les élèves en difficulté ou ceux issus de milieu défavorisés.
Dans le cadre d’un séminaire international3, Dylan Wiliam a présenté des résultats de recherche qui témoignent de l’importance du rôle des enseignants dans l’apprentissage de leurs élèves. Dans les classes des meilleurs enseignants, les élèves apprennent deux fois plus vite que dans les classes d’enseignants moyens. Par ailleurs, dans les classes des enseignants les plus efficaces, les élèves issus de familles défavorisées apprennent autant que ceux issus de familles aisées et ceux qui connaissent des difficultés de comportement, tout autant que ceux qui n’en ont pas.
POUR EN SAVOIR PLUS
- 2
Pour agir efficacement
Des chercheurs4 ont mené une étude internationale dans neuf pays répartis sur quatre continents. Les pratiques d’enseignement y ont été observées dans des écoles jugées efficaces, moyennement efficaces et peu efficaces. Ils sont arrivés à la conclusion que les enseignants œuvrant dans les écoles efficaces manifestent plus de comportements associés aux stratégies d’enseignement explicite que ceux œuvrant dans des écoles moins efficaces. Il y a donc lieu de croire que le recours aux méthodes d’enseignement explicite, dont l’efficacité a été démontrée tant au niveau de la classe5 qu’au niveau de l’école6, est une orientation pédagogique à privilégier afin d’assurer la réussite de tous les élèves, mais principalement de ceux pour qui l’école doit faire une différence, soit les élèves en difficulté et ceux provenant de milieux défavorisés.
Ce que font les enseignants des écoles efficaces en classe
Gestion de la classe
- Utilisent un système d’émulation pour la gestion des comportements
- Donnent de la rétroaction positive sur la dimension scolaire
- Supervisent le groupe classe de façon continue
- Entretiennent des attentes élevées envers les élèves
- Démontrent de l’enthousiasme
- Utilisent des tableaux d’affichage qui sont attrayants, stimulants et pertinents
Gestion de l’enseignement
- Présentent la matière clairement
- Donnent des consignes et des explications précises
- Mettent l’accent sur les éléments essentiels de la leçon
- Sont centrés sur la dimension scolaire-
- Vérifient la compréhension des élèves
- Questionnent fréquemment les élèves
- Posent des questions liées à la matière
- Posent des questions ouvertes
- Fournissent du soutien aux élèves quand leurs réponses sont inexactes
- Utilisent les réponses des élèves pour approfondir le sujet étudié
- 3
Quelques pistes pour agir efficacement sur les pratiques pédagogiques et éducatives
Mettre en place des initiatives pour attirer et conserver des enseignants compétents
- En assurant la formation continue des enseignants
- En offrant les meilleures pratiques d’enseignement dans la classe (enseignement explicite, résolution de problèmes, emphase sur l’enseignement de la lecture, suivi et contrôle des apprentissages, soutien aux élèves en difficulté, vérification de la compréhension des élèves, questionnement des élèves, synthèse de la matière, clarté et précision des consignes, etc.)
- En offrant les meilleures pratiques de gestion de classe (climat positif, rétroaction rapide, renforcement positif, supervision du groupe, attentes réalistes et élevées, matériel et environnement attrayants, système disciplinaire axé sur les attentes et la résolution de problèmes, etc.)
- En favorisant le développement de liens chaleureux et positifs entre l’enseignant et ses élèves (sensibilisation des enseignants, coaching, idées d’activités, etc.)
- En s’assurant que les enseignants croient possible le succès de leurs élèves
- En favorisant l’attitude positive des enseignants face à leur profession
Favoriser l’attitude positive des parents et de la communauté à l’égard de la profession d’enseignant, des personnes œuvrant dans l’école et en particulier des enseignants de leur enfant (présence à l’école, participation aux rencontres et aux activités, interventions scolaires, etc.)
- Pour assurer le soutien des parents aux tâches scolaires du jeune (confiance et soutien envers l’enseignant, importance accordée aux tâches et à la présence en classe, etc.)
- 4
Références
- Hattie J., (2009), Visible Learning: A synthesis of over 800 meta-analyses relating to achievemen, USA:Routledge.
- Gauthier C., Mellouki M., Simard D., Bissonnette S., Richard M. (2005), Quelles sont les pédagogies efficaces ? Un état de la recherche, Les Cahiers du débat, Fondation pour l’innovation politique, janvier 2005, p.31-32. Repéré sur : http://www.ulb.ac.be/facs/medecine/docs/CPM_3.pdf
- Wiliam D. (2011), How do we Prepare Students for a World we Cannot Imagine? Paper presented at the Salzburg Seminar, Optimizing Talent: Closing Educational and Social Mobility Gaps Worldwide, 6-11 December. Salzburg.
- Reynolds D., Creemers B., Strinfield S., Teddlie C. et Schaffer G. (2002), World Class School, International perspectives on school effectiveness, London: Routledge/Falmer Press.
- CRIFPE (2005), Écoles efficaces et réussite scolaire des élèves à risque, Un état de la recherche.
- Reynolds D., Creemers B., Strinfield S., Teddlie C. et Schaffer G. (2002), World Class School, International perspectives on school effectiveness, London: Routledge/Falmer Press.
L’école est-elle adaptée à la composition sociale et aux caractéristiques de son milieu ? Par exemple, porte-t-elle attention à la concentration d’élèves issus de secteurs défavorisés au sein des classes ? Si elle se trouve dans un bassin mieux nanti, offre-t-elle une expérience adaptée à des élèves arrivant à l’école avec un plus grand bagage de connaissances et d’expériences diversifiées ? Quelles sont les pratiques d’accompagnement des jeunes dans leur cheminement scolaire et vocationnel ? Les communications entre l’école, les familles et la communauté sont-elles favorisées, bidirectionnelles et efficaces ? Quel soutien est offert aux enseignants ? Le travail en équipe des différents intervenants côtoyant les jeunes est-il valorisé ?
L’importance accordée par les gestionnaires à l’enjeu de la persévérance scolaire et au suivi de la réussite des jeunes se reflètera dans les structures organisationnelles et les pratiques éducatives déployées. La qualité et la pertinence des mesures aura une incidence sur la diplomation.
- 1
Ce que dit la recherche
Durant de nombreuses années, des chercheurs se sont penchés sur les facteurs qui faisaient que certaines écoles obtenaient de meilleurs résultats scolaires. Plus récemment, on s’est intéressé à certaines écoles, généralement situées en milieux défavorisés, dans lesquelles les élèves présentaient des résultats exceptionnels, persévéraient et réussissaient mieux que dans toute autre école comparable. On les a appelés les écoles efficaces1.
Caractéristiques des écoles efficaces
- Leadership de la direction de l’école (leadership partagé)
- Attentes élevées envers tous les élèves
- Environnement sécuritaire, ordonné et climat positif
- Temps scolaire préservé (curriculum viable et garanti)
- Évaluations régulières
- Buts fixés et régulation constante
- Célébration des succès scolaires
- Pratiques d’enseignement efficace harmonisées
- Implication des parents
On a regardé de près comment ces écoles étaient organisées, comment les décisions s’y prenaient, ce que faisaient les enseignants en classe et de quelle façon les parents y étaient impliqués. Une série de caractéristiques propres à ces écoles a peu à peu fait l’unanimité dans le monde de la recherche en éducation. Rapidement, il est ressorti que le leadership de la direction de ces écoles tenait un rôle important dans leur réussite. Cependant, ce leadership n’agissait pas de façon directe sur les résultats des élèves, mais par l’intermédiaire de son influence sur les autres caractéristiques de l’école.
En fait, ce que tend à démontrer la recherche, c’est que la direction d’un établissement agit comme un catalyseur au sein des écoles efficaces en permettant d’orienter les énergies du milieu et de développer les capacités des personnes à favoriser la réussite des élèves. L’influence de la direction est observable dans la façon dont elle agit sur les objectifs et les orientations de l’école, sur sa structure, sur les interactions avec les familles et la communauté, sur les changements de comportement, sur le développement des personnes, sur la culture et le modèle organisationnels, ainsi que sur le climat d’apprentissage. La direction exerce donc cette influence au quotidien par des gestes clés et concrets.
POUR EN SAVOIR PLUS
La gestion scolaire : une situation à améliorer? Diriger une école en milieu défavorisé : Des caractéristiques des écoles performantes, provenant de la documentation scientifique
- 2
Pour agir efficacement
Dans une étude récente réalisée en Estrie portant sur les relations entre les pratiques de gestion des directions d’école et les résultats des élèves, Collerette et ses collègues2 rapportent quatre catégories de pratiques de gestion qui ont un effet positif sur les apprentissages et la persévérance des élèves. Plus la direction d’une école manifestera ces comportements, plus il est probable qu’elle aura un effet positif sur les éléments qui influencent directement les résultats des élèves. Or, il est possible pour elle d’augmenter encore cet effet en partageant pouvoir et initiatives avec les enseignants, les parents, les élèves et le personnel administratif, en exerçant ce qu’on appelle généralement un leadership participatif.
Pour établir les orientations de l’école
- Construire une vision partagée
- Encourager l’adhésion à des objectifs communs
- Manifester des attentes élevées à l’égard du rendement
Pour renforcer les compétences du personnel
- Fournir un soutien individualisé et faire preuve de considération
- Stimuler la réflexion intellectuelle
- Agir en cohérence avec le modèle de comportement souhaité
Pour revoir le modèle organisationnel
- Développer une culture de collaboration
- Revoir la structure organisationnelle
- Développer des relations constructives avec les familles et la communauté
- Maintenir des contacts avec l’environnement
Pour gérer le programme éducatif
- Recruter et fidéliser un personnel compétent
- Fournir un soutien éducatif (enseignement et apprentissage)
- Assurer le suivi des progrès des élèves
- Faire obstacle aux éléments qui pourraient distraire le personnel de son travail
- 3
Quelques pistes pour agir efficacement sur les pratiques de gestion
Recruter les meilleurs leaders possibles et développer le leadership des gestionnaires actuels pour la fonction de direction d’établissement
- Pour affecter les meilleurs leaders aux écoles qui en ont le plus besoin
- Pour avoir des leaders positifs forts qui partagent leur pouvoir, leur vision et leurs objectifs avec leur équipe
- En diminuant les irritants qui constituent des freins pour accéder à la fonction de direction d’établissement (isolement, lourdeur et complexité de la tâche, comportements difficiles ou violents, relations difficiles avec certains parents, intrusion des médias, etc.)
- Pour maintenir un niveau élevé de compétence et de professionnalisme chez le personnel scolaire
- Pour organiser les services et les structures nécessaires à la réussite des jeunes, particulièrement pour les élèves à risque ou en difficulté
- Pour suivre les apprentissages et la réussite des jeunes en conservant des attentes élevées envers eux
Établir un climat de réussite à tous les égards dans l’école (respect, attentes élevées, soutien, cohérence, collaboration, stabilité du personnel, solidarité, environnement sécuritaire, etc.)
Favoriser la collaboration et la participation des familles (rencontres, événements, comités, instances décisionnelles, etc.)
Favoriser les partenariats avec la communauté pour le bien des jeunes (dépistage, activités parascolaires, organismes de soutien aux familles ou aux jeunes, etc.)
Sensibiliser les parents à l’importance qu’ils accordent à la fréquentation de l’école et à la valeur du personnel dans la réussite du jeune (soutenir l’école plutôt que la critiquer, parler de l’école positivement en tout temps, soutenir le jeune dans ses tâches scolaires, devenir complice de l’enseignant, montrer sa confiance envers l’école, etc.)
- 4
Références
- CRIFPE (2006), Les écoles efficaces favorisant la réussite scolaire des élèves à risque.
- Collerette P., Pelletier D. et Turcotte G. (2013), Relations entre les pratiques de gestion des directions d’écoles secondaires et les résultats des élèves, étude financée par la Fondation Lucie et André Chagnon dans le cadre des travaux de la Chaire de recherche de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke sur la réussite et la persévérance des élèves.
La capacité pour une école d’intervenir auprès d’un jeune susceptible de décrocher a de l’importance dans le cadre de la prévention du décrochage scolaire. Un jeune laissé à lui-même pour résoudre les problèmes qu’il vit, qu’ils soient d’ordre scolaire, familial ou social, sera plus à risque de décrocher. Plus tôt il sera accompagné, meilleurs seront les résultats.
Une concertation et une continuité entre les services de garde, l’école primaire et l’école secondaire permettront d’identifier les élèves cumulant des facteurs de risque et faciliteront autant les interventions que les transitions. Les services offerts doivent en outre être déterminés en fonction des problématiques vécues par le jeune. Le soutien pourra ainsi prendre différentes formes : orientation scolaire et professionnelle, suivi des résultats scolaires, références à des ressources externes, communication avec les parents et détermination de leur implication, arrimage des interventions des différents professionnels qui interviennent auprès du jeune, etc.
- 1
Ce que dit la recherche
Au cours des dernières années, la recherche a démontré qu’il est possible de réduire de façon considérable le nombre d’élèves en difficulté, tant au plan des apprentissages que du comportement, en organisant les services aux élèves selon un modèle à trois niveaux1,2. Ce modèle permet d’organiser des interventions, tant universelles que ciblées, dont la fréquence et l’intensité augmentent en fonction des besoins particuliers des élèves. Il est efficace pour l’intervention auprès des élèves ayant des difficultés d’apprentissage, mais il est également utilisé pour la gestion des interventions comportementales.
Cette approche comprend des éléments de solution à plusieurs problèmes réels en milieu scolaire. Premièrement, elle incorpore des pratiques d’évaluation qui rendent possibles le dépistage précoce des élèves à risque3, le suivi de leurs progrès et l’identification de ceux dont le rendement ou les comportements dévient de la trajectoire attendue.
Deuxièmement, il est prévu qu’avant d’étiqueter un élève, des mesures d’enseignement et d’encadrement efficaces et reconnues comme telles par la recherche soient mises en place.
Troisièmement, le programme d’intervention est systématiquement différencié, de manière à pouvoir répondre aux besoins de tous les élèves en incluant ceux qui répondent moins bien aux interventions universelles.
Quatrièmement, la mise en œuvre de cette différenciation permet de préciser le rôle des diverses personnes-ressources (par exemple, les enseignants, conseillers pédagogiques, orthopédagogues, psychologues scolaires, psychoéducateurs, orthophonistes, professionnels externes, etc.) selon les moyens disponibles dans un milieu scolaire particulier et dans la communauté où l’école se trouve.
Enfin, cette approche fait graviter tous les services éducatifs autour des élèves. On pourrait aussi parler d’une approche enveloppante, d’après la notion anglo-saxonne de Wraparound4.
- Le « Wraparound » est un modèle de services et de soutien pour les jeunes et leur famille qui mise sur la communauté en créant un « réseau d’aide enveloppant » autour d’eux. L’approche est centrée sur les forces du jeune, de sa famille, des membres de la communauté et des professionnels qui constituent l’équipe d’intervention. Elle est particulièrement efficace pour résoudre des problèmes complexes.
POUR EN SAVOIR PLUS
- 2
Pour agir efficacement
L’organisation des services aux jeunes en difficulté est une responsabilité collective et gagne à être envisagée dans une perspective territoriale. Si chacun des acteurs d’un territoire jouit d’un certain niveau d’autonomie pour organiser les services qui sont sous sa responsabilité directe, l’intensité des besoins, des problématiques et des services requis, à mesure qu’elle croît, appelle à de nécessaires collaborations. Une vision territoriale de l’organisation des services pour les jeunes à risque ou en difficulté devrait pouvoir miser sur l’engagement de tous les intervenants de la communauté. Une telle approche se caractérise par une concertation et une intervention intersectorielle qui place l’amélioration de la situation des jeunes du territoire et de leur famille au centre de ses préoccupations, en permettant à chacun d’agir individuellement et de manière complémentaire et arrimée en fonction de son expertise, de la mission de son organisation et du champ d’action relié à sa fonction.
La figure suivante illustre cette situation. La mise en place d’interventions universelles efficaces est la responsabilité première de l’école et de la famille. À mesure qu’augmentent les niveaux d’intensité des besoins et des services requis, la collaboration école-famille-communauté devient de plus en plus nécessaire.
INTENSITÉ DES BESOINS ET DES SERVICES
Faible - Interventions universelles
- Dépistage et intervention précoces
- Enseignement efficace
- Gestion de classe efficace
- Développement d’habiletés sociales
- Soutien aux comportements positifs
Modérée - Interventions ciblées
- Plans d’intervention individualisés
- Collaboration école-famille
- Interventions différenciées
- Interventions intensives
- Interventions de crise
- Partenariats école-communauté
Soutenue - Interventions personnalisées
- Plans de services individualisés et intersectoriels
- Interventions individuelles, personnalisées et intensives
- Services dispensés par des organismes externes spécialisés
- Démarche de services « enveloppante »
- 3
Quelques pistes pour agir efficacement sur le soutien aux élèves en difficulté
Mettre en place des mécanismes de dépistage et d’intervention
- Pour favoriser le dépistage et l’intervention précoces
- Pour faciliter le suivi et l’évaluation continus des interventions, tant au niveau des apprentissages que du comportement des jeunes
Mettre en place des modèles d’organisation qui prévoient à la fois des mesures universelles, ciblées et personnalisées
- Pour faciliter les mesures de prévention universelles
- Pour établir une continuité dans les services
- En appuyant les interventions sur des approches efficaces et validées
- Pour différencier les interventions en fonction des besoins de jeunes
- Pour optimiser les ressources
Favoriser un climat propice à la réussite et aux apprentissages à l’école
- En instaurant un système de discipline positive
- En s’assurant de la présence d’un personnel compétent
- En mettant à jour les compétences du personnel de façon continue
Développer une collaboration étroite avec la famille
- Pour favoriser le soutien des parents à la maison en complémentarité avec l’école (tâches scolaires, suivi avec l’école, etc.)
- Pour valoriser le jeune et renforcer ses compétences
Établir des espaces de collaboration avec les partenaires de la communauté
- Pour déployer des interventions en complémentarité avec eux
- Pour maximiser les ressources du milieu
- Pour faire appel à des expertises ou à des spécialistes particuliers Interventions personnalisées
- Plans de services individualisés et intersectoriels
- Interventions individuelles, personnalisées et intensives
- Services dispensés par des organismes externes spécialisés
- Démarche de services « enveloppante » Soutien aux élèves en difficulté Pour diriger les parents vers les ressources appropriées
- 4
Références
- Winston M. (2007), Pyramide des interventions, Guide des Parents. Cincinnati Public School.
- Voir le document de référence qui accompagne ces fiches pratiques Pour agir efficacement sur les déterminants de la persévérance scolaire et de la réussite éducative, Réunir Réussir, 2013, p. 12.
- On entend par « élèves à risque » des élèves du préscolaire, du primaire et/ou du secondaire qui présentent des facteurs de vulnérabilité susceptibles d’influer sur leurs apprentissages ou leurs comportements, ce qui peut les « placer à risque », notamment en ce qui a trait à la réussite scolaire ou à la socialisation, si une intervention rapide n’est pas effectuée.
- http://www.pathwayschildrenyouth.org/index.cfm?CategoryID=1&SubCategoryID=10
En additionnant les cours, les activités parascolaires et le flânage, les jeunes passent en moyenne plus d’une trentaine d’heures par semaine entre les murs de leur école. Elle est leur principal milieu de vie, là où se trouvent leurs amis, où ils vivront des succès et des échecs et où ils seront confrontés à différentes réalités. L’école est un microcosme de la société où l’on retrouve parfois des problématiques (violence, intimidation, etc.), mais aussi des phénomènes de solidarité, de travail autour de projets communs, etc.
L’école est aussi le reflet du milieu dans lequel elle se situe. Une enquête du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport1 réalisée auprès de 3 682 jeunes révèle que les élèves qui ont une opinion très positive du climat dans leur école déclarent dans une proportion de 72 % que leurs résultats scolaires sont bons ou très bons. Chez les élèves qui jugent que le climat dans leur école est mauvais, moins de la moitié (49 %) affirme la même chose.
- 1
Ce que dit la recherche
Même si la première étude recensée sur la question remonte à 1908, il n’y a pas, à ce jour, de définition unique et universelle de ce qu’est le climat scolaire. Toutefois, de façon générale, lorsque les chercheurs en parlent, ils font souvent référence au jugement qu’ont les parents, les éducateurs, les élèves et la communauté de leur expérience de la vie et du travail au sein de l’école2. Il prend racine dans la représentation collective qu’ont les personnes de leur expérience de vie à l’école. Il est le reflet des normes, des buts, des valeurs, des relations interpersonnelles, des pratiques d’enseignement et d’apprentissage, de la gestion et de l’organisation scolaire, qui sont tous des éléments clés de la vie d’un établissement scolaire3.
Selon Cohen et ses collègues du National School Climate Center4, le climat d’une école se compose de cinq éléments, soit les relations entre les personnes, l’enseignement et l’apprentissage, la sécurité, l’environnement physique et le sentiment d’appartenance.
Dans le même ordre d’idée, le gouvernement ontarien mettait récemment à la disposition de ses écoles et de ses communautés des outils pour faire la promotion d’un climat scolaire positif5 visant à favoriser la réussite des jeunes et à promouvoir le système d’éducation public.
Pour le gouvernement ontarien, il existe un climat positif dans un établissement lorsque...
- Les élèves, les parents et les membres du personnel se sentent en sécurité, à l’aise et acceptés
- Tous les membres de la communauté scolaire sont invités à entretenir des relations saines et respectueuses
- Les élèves sont encouragés à être des leaders et des modèles à suivre
- Les parents et les membres de la communauté sont des participants actifs
- Les comportements positifs sont renforcés et les élèves ont la possibilité de développer des relations exemptes de racisme, de discrimination et de harcèlement
- Il existe une culture d’attentes élevées dans laquelle l’accent est mis sur l’amélioration des résultats d’apprentissage de tous les élèves
- On respecte et on apprécie toutes les cultures
Depuis plus de trente ans, un nombre croissant d’études tend à démontrer que l’établissement et le maintien d’un climat scolaire positif sont associés à la diminution de certains comportements à risque et au développement de saines habitudes de vie. Un climat positif est également associé à de meilleurs apprentissages scolaires et sociaux, à une meilleure réussite scolaire, à des taux de diplomation supérieurs et à une plus grande stabilité des équipes-écoles. Ainsi, la relation entre le climat et ce sur quoi il agit est une relation d’interinfluence. Si un bon climat peut amener plus d’élèves à s’investir davantage dans leurs travaux scolaires ou dans la vie de l’école, l’inverse est aussi vrai. Par ailleurs, certaines études6 ont mis en évidence que la qualité du climat pouvait jouer un rôle important pour réduire les effets négatifs du statut socioéconomique.
- 2
Pour agir efficacement
La qualité du climat scolaire est une responsabilité collective. Même si une part plus importante de cette responsabilité peut incomber à la direction et au personnel de l’école, notamment en ce qui a trait aux relations avec les jeunes, au sentiment d’appartenance et à la place faite aux parents dans l’école, on ne peut minimiser l’engagement des élèves, des parents, et celui de la communauté dans ce domaine.
Les initiatives issues de la communauté devraient avoir pour objectif de développer le capital social et communautaire des écoles, par exemple en incitant les citoyens et les organismes à participer à des projets qui s’y déroulent. Il serait également possible pour des employeurs d’encourager leurs employés et leurs étudiants-employés à œuvrer dans les écoles en assouplissant les horaires de travail pour permettre le bénévolat et la participation de leur personnel. On peut également penser à des campagnes locales de valorisation des écoles de quartier, des élèves et du personnel qui y travaillent, ou encore à des actions portant sur la sécurité, la prévention de la violence, la qualité des relations ou l’engagement des partenaires.
POUR EN SAVOIR PLUS
Climat scolaire: définition, effets et conditions d’amélioration
- 3
Quelques pistes pour agir efficacement sur le climat scolaire
Développer et entretenir des relations harmonieuses entre les personnes de l’école et de la communauté
- En favorisant le respect (diversité, différences, opinions, etc.)
- En encourageant et en valorisant le potentiel, les compétences et les forces des jeunes (renforcement positif, mise à profit de talents ou de connaissances, etc.)
- En développant des relations adultes-jeunes positives, supportantes et chaleureuses (confiance, attachement, etc.)
- En partageant le pouvoir et les responsabilités, tant avec les jeunes qu’avec le personnel scolaire ou les membres de la communauté (code de vie, organisation d’activités, etc.)
- En développant des collaborations profitables aux jeunes et à leur famille (activités parascolaires, installations, etc.)
- En favorisant la participation et l’engagement du maximum de partenaires, particulièrement des parents (levées de fonds, organisation d’événements, etc.)
S’assurer de la qualité de l’enseignement et des apprentissages
- En maintenant des attentes élevées mais réalistes en matière de réussite (valoriser les résultats et les efforts, préciser les attentes, croire que le jeune peut réussir, etc.)
- En apportant du soutien aux jeunes qui en ont besoin (dépistage, organisation des services, suivi, collaboration avec la famille, etc.)
- En s’assurant de la compétence et de la formation continue du personnel en place (recrutement, plan de formation, suivi, etc.)
- En assurant un leadership fort et une vision commune et claire du projet de l’école
Assurer un climat de sécurité et de justice dans l’école et autour de l’école, tant sur les plans physiques que matériel et psychologique
Offrir un environnement physique propre, attrayant et agréable, ainsi que du matériel adéquat aux jeunes et aux membres de la communauté qui fréquentent l’école
Développer le sentiment d’appartenance des jeunes et de la communauté envers leur école (événements, tournois, activités sociales, etc.)
- 4
Références
- Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (2003), Et si la participation faisait la différence... Les activités parascolaires des élèves du secondaire et la réussite éducative, Rapport d’enquête.
- National School Climate Center : http://www.schoolclimate.org
- Cohen J., McCabe E. M., Michelli N. M., et Pickeral T. (2009), School climate: Research, policy, teacher education and practice, Teachers College Record 111, pp. 180 à 213.
- Ministère de l’Éducation de l’Ontario (2010), Promotion d’un climat scolaire positif.
- Ministère de l’Éducation de l’Ontario (2010), Promotion d’un climat scolaire positif.