Les renseignements contenus dans cette page sont tirés d’une des fiches sur la persévérance scolaire de Réunir Réussir .
QUARTIER DE RÉSIDENCE ET VOISINAGE
Selon l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal1, l’enfant est influencé par ses pairs et a tendance à les imiter et à se conformer aux caractéristiques du voisinage. En d’autres termes, les jeunes vivant au sein d’une même communauté seraient enclins à adopter les modèles de comportement de leur entourage immédiat, qu’ils soient positifs ou négatifs. Ce déterminant est évidemment intimement lié au contexte socioculturel et socioéconomique. Les quartiers défavorisés, les milieux ruraux éloignés et les secteurs à forte concentration d’immigrants présentent à leur échelle différentes problématiques, dont, régulièrement, celle du décrochage scolaire. Dans l’analyse du contexte socioculturel et socioéconomique, on prendra notamment en compte les taux de chômage et d’inactivité, ainsi que la scolarité des parents, principalement celle de la mère.
Les enfants et les jeunes vivant dans les quartiers les moins favorisés sont plus à risque d’éprouver des difficultés face aux exigences du milieu scolaire.
Bien que les élèves décrocheurs puissent provenir de tous les milieux2, plusieurs études ont établi qu’ils sont jusqu’à deux fois plus nombreux dans les quartiers pauvres. Intervenir dans les quartiers les plus défavorisés est donc une priorité.
Le niveau socioéconomique du jeune a une incidence importante sur son cheminement, particulièrement avant le début de l’école et lors des premières années de scolarité. Les élèves provenant d’un milieu socioéconomique plus défavorisé entreraient généralement à l’école avec des acquis moindres. Une étude3 avance que, selon le milieu de provenance, certains enfants entrent à l’école en ayant une expérience de communication deux fois moins élevée que certains autres (c’est-à-dire que l’exposition au vocabulaire est de 2,5 millions de mots dans les milieux défavorisés contre 4,5 millions dans les milieux mieux nantis). Il est important de préciser que les enfants provenant d’un milieu socioéconomique plus défavorisé n’ont pas nécessairement moins de capacités. Simplement, ils ne commencent pas l’école avec le même bagage que les autres.
Toutefois, au-delà du statut socioéconomique, des chercheurs ont aussi observé que le niveau de préparation des enfants à l’école est aussi fortement lié à la cohésion sociale des quartiers où ils habitent 4. La cohésion sociale, telle que la définit le Conseil de l’Europe, est la capacité d’une communauté à assurer le bien-être de tous ses membres, incluant l’accès équitable aux ressources et aux services disponibles, le respect de la dignité, l’autonomie personnelle et collective et la participation responsable.
Elle est caractérisée par :
- Des valeurs et une culture civique communes
- Le partage d’une identité commune
- Le sentiment d’appartenance à une même communauté
- Un sentiment de confiance entre les individus et à l’égard des institutions et des organismes locaux
À mesure que les enfants grandissent et qu’ils s’intègrent à leur environnement, les facteurs de risque liés aux pairs, à l’école, au quartier et à la communauté jouent un rôle grandissant. Mais durant la petite enfance, les facteurs de risque ayant la plus grande incidence sur la réussite éducative sont ceux qui sont présents au sein de la famille.
Or, les comportements des parents à l’égard de leurs enfants sont influencés par le contexte social dans lequel ils vivent. Les quartiers caractérisés par une forte pauvreté, une faible cohésion sociale, des ruptures familiales et une forte mobilité tendent à affaiblir les réseaux sociaux et à exacerber les conduites parentales inefficaces.
Les liens entre la cohésion sociale et le développement des enfants s’expliqueraient notamment par un accès différent, selon les milieux, à des modèles positifs, à un réseau de soutien d’amis et de connaissances ou à des services de qualité (santé, services de garde, bibliothèques, parcs, aires de jeu, écoles, centres communautaires, etc.).
POUR AGIR EFFICACEMENT
Les initiatives et les actions auxquelles ont accès et participent les membres d’une communauté contribuent au développement d’un sentiment collectif d’appartenance et de fierté qui fait contrepoids aux effets de la défavorisation matérielle. Dans une perspective de prévention, il y a des avantages certains à renforcer l’aide et la coopération dans les milieux à risque.
Parmi les pistes d’action concrètes, il est important de soutenir les parents dans le développement de leur sentiment de compétence pour leur permettre d’acquérir les pratiques parentales les plus positives, particulièrement dans les milieux à risque, et cela à partir de la naissance et tout au long du cheminement scolaire du jeune.
Les communautés qui affichent une plus grande cohésion sociale sont plus susceptibles de se faire entendre dans les affaires et les décisions qui touchent leur milieu.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Persévérance scolaire : aux réalités territoriales
QUELQUES PISTES POUR AGIR EFFICACEMENT SUR LE QUARTIER DE RÉSIDENCE ET LE VOISINAGE
- 1
Mettre en place des activités favorisant l’intégration des familles à la vie du quartier
- En organisant des fêtes de quartier, des activités communautaires ou sociales, etc.
- En développant des réseaux sociaux et d’entraide dans les quartiers
- En organisant des activités de solidarité (cuisines collectives, échange de vêtements ou de livres, gardiennage, répit, jardins communautaires, etc.)
- 2
Organiser des initiatives scolaires ou en service de garde auxquelles participent les familles et les organismes de la communauté
- En permettant la tenue d’activités de soutien et d’accompagnement des familles à l’école ou avec l’école
- En utilisant l’école ou le service de garde pour faire connaître les activités du quartier (invitations aux activités et événements, groupes sociaux, installations, etc.)
- En mettant en place des activités de réseautage (cercle de lecture, soirée cinéma, cuisine de groupe, etc.)
- 3
Organiser des activités pour faciliter les différentes transitions des jeunes du quartier dans leurs parcours scolaire et personnel
- En procurant de l’information aux parents et aux organismes de la communauté sur les étapes, les difficultés à prévoir, etc.
- En accompagnant les parents dans leur rôle de soutien aux enfants qui franchiront ces étapes.
- 4
Mettre en place un système de démarchage pour rejoindre les familles plus difficiles à atteindre ou pour identifier les nouvelles familles (chaîne de voisins, réseaux d’entraide, etc.)
- 5
Mettre en place des activités de stimulation parents-enfants (éveil à la lecture et à l’écriture, motricité fine, bricolage, etc.)
sources
- 1
SOURCES - Quartier de résidence et voisinage
- Direction de santé publique, Agence de santé et de services sociaux de Montréal (2008), Enquête sur la maturité scolaire des enfants montréalais, rapport régional.
- Janosz M. (2000), L’abandon scolaire chez les adolescents : perspective nord-américaine, VEI Enjeux, no. 122, septembre 2000.
- Hattie J. (2009), Visible learning. A synthesis of over 800 meta-analyses relating to achievement, New York: Routledge.
- Kohen D.E., Hertzman C., et Brooks-Gunn J. (1998), Les influences du quartier sur la maturité scolaire de l’enfant.



