Les renseignements contenus dans cette page sont tirés d’une des fiches sur la persévérance scolaire de Réunir Réussir
RENDEMENT SCOLAIRE EN LECTURE, ÉCRITURE ET MATHÉMATIQUES
Le rendement en lecture, en écriture et en mathématiques est un autre déterminant de la persévérance scolaire. L’Enquête longitudinale auprès des jeunes en transition1 révèle que les décrocheurs avaient obtenu des notes plus faibles que les diplômés, notamment en ce qui concerne leur capacité à comprendre, à utiliser et à analyser des textes écrits. Or, la lecture et l’écriture sont nécessaires à l’apprentissage de toutes les matières, y compris les mathématiques. Le fait d’éprouver des difficultés en lecture et en écriture n’est pas sans conséquence sur le rendement du jeune dans toutes les matières ainsi que sur la poursuite de ses études. Par ailleurs, la réussite des cours et des épreuves de français et de mathématiques est une condition inscrite dans le régime pédagogique québécois pour l’obtention d’un diplôme d’études secondaires.
Les recherches sur le décrochage et l’abandon scolaires sont nombreuses à démontrer les liens étroits qui existent entre de faibles résultats scolaires et une probabilité élevée de décrocher. Dans un rapport récent réalisé à partir de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ)2, les chercheurs soutiennent que les difficultés en lecture à sept ans constituent un prédicteur fiable du décrochage. Les difficultés en français (lecture et écriture) seraient également un indicateur de risque aussi important que le statut socioéconomique de l’enfant. De plus, paradoxalement, ce sont les habiletés logicomathématiques relevées à l’âge de quatre ans qui permettraient le mieux de prédire la maîtrise de la lecture et des mathématiques lorsque le jeune arrive en quatrième année.
Pour favoriser la poursuite des études et éviter le décrochage scolaire des jeunes, il faut se concentrer sur l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et des mathématiques en misant sur l’engagement scolaire. Cela, dès l’entrée à l’école et tout au long du parcours du jeune, avec une intensité plus marquée au moment des transitions scolaires, notamment au moment du passage du primaire au secondaire.
- LES INADAPTÉSLes inadaptés représentent selon lui environ 40 % de la population de décrocheurs. Leurs profils scolaire et psychosocial sont très négatifs, tant au chapitre des résultats scolaires qu'en matière de problèmes de comportement. On remarque également qu’ils bénéficient habituellement d’un faible soutien familial. Les décrocheurs inadaptés présentent des comportements d’indifférence, de négativisme, d’absentéisme, de consommation d’alcool et de drogue.
- LES DISCRETSLes discrets représentent eux aussi 40 % des décrocheurs. Ils aiment l’école, se sentent engagés et ne présentent aucun problème de comportement. Ils ont toutefois un rendement scolaire faible et éprouvent souvent des difficultés d’apprentissage depuis le primaire.
- LES DÉSENGAGÉSLes désengagés représentent, quant à eux, environ 10 % des décrocheurs. Leurs résultats scolaires se situent dans la moyenne. Les décrocheurs de ce type n’affichent aucun problème de comportement mais se disent très désengagés de leur scolarité; ils n’aiment pas l’école.
- LES SOUS-PERFORMANTSFinalement, les sous-performants ressemblent beaucoup aux décrocheurs discrets. Ils représentent 10 % de la population des décrocheurs. Ils sont aux prises avec des problèmes d’apprentissage, se disent très désengagés face à leur scolarité et n’ont pas de problèmes de comportement. À l’école, ils attendent que le temps passe.
Bref, les élèves qui décrochent de l’école se distinguent entre eux selon qu’ils éprouvent ou non, en plus de leurs difficultés scolaires, des difficultés comportementales. En effet, on constate un sous-rendement scolaire chez 90 % des décrocheurs. De plus, chez environ 50 % d’entre eux, les difficultés scolaires pourraient être l’un des éléments déclencheurs du processus de décrochage.
POUR EN SAVOIR PLUS
Recension des écrits scientifiques sur la littératie familiale et communautaire
POUR AGIR EFFICACEMENT
Compte tenu de ce qui précède, il devient primordial d’intervenir avant que les difficultés se présentent chez le jeune, particulièrement en ce qui concerne la lecture et les mathématiques. Il faut agir rapidement pour réduire les écarts entre bons et moins bons lecteurs, puisque ces écarts ont tendance à se creuser avec le temps et à avoir un effet sur l’ensemble des disciplines scolaires du jeune. Sur le plan scolaire, des programmes efficaces, appuyés par des données de recherche, permettent de réduire de façon notable le nombre d’élèves à risque en matière d’apprentissage de la lecture, cela dès la maternelle et jusqu’au secondaire.
Plus largement, des programmes de littératie familiale peuvent également être mis en œuvre dans la communauté pour développer et favoriser l’apprentissage de la lecture chez les enfants. Le but de ces programmes est d’augmenter et d’améliorer les pratiques de littératie dans les familles ainsi que les interactions parent-enfant autour du langage et de l’écrit.
QUELQUES PISTES POUR AGIR EFFICACEMENT SUR LE RENDEMENT SCOLAIRE EN LECTURE, ÉCRITURE ET MATHÉMATIQUES
- 1
Instaurer des programmes d’éveil à la lecture et à l’écriture dans les garderies et les centres de la petite enfance
- 2
Mobiliser la famille et la communauté pour mettre en place des activités de littératie, de numératie et de soutien académique
- Pour accompagner les parents dans l’aide qu’ils apportent à leurs enfants en matière scolaire (cours visant le développement de compétences parentales, ateliers ponctuels, offre de matériel de lecture, conseils sur la façon d’encourager les enfants ou de les soutenir sans faire à leur place, etc.)
- Pour organiser des activités de littératie et de numératie dans la communauté (cercles de lecture parents-enfants, activités de lecture avec les aînés, etc.)
- Pour organiser des événements faisant la promotion du livre, de l’écriture et des mathématiques (fête du livre, heure du conte, défi scientifique, concours de poésie ou de slam, etc.)
- Pour organiser des activités de lecture lors de séances de vaccination, de fêtes populaires ou de tout autre événement où de jeunes enfants sont présents
- Pour assurer une continuité entre l’école et la famille afin de favoriser les apprentissages
- Pour identifier rapidement les enfants à risque en lecture et agir tôt en proposant des interventions d’appoint, en collaboration avec la famille (camps de dépistage et de stimulation au préscolaire, récupération, groupes d’entraide par les pairs, interventions spécialisées, etc.)
- Pour dépister rapidement les problèmes d’engagement et de motivation scolaires et prévoir des mesures de soutien
- Pour effectuer des campagnes de promotion de la littératie et de la numératie en collaboration avec les parents et les partenaires de la communauté
- Pour la mise en place de services d’aide aux devoirs et de tutorat
- Pour rapprocher les familles et l’école en prêtant une attention particulière aux familles provenant de milieux défavorisés, immigrantes ou aux jeunes à risque (parrainage, pairage, etc.)
- Pour suivre en continu les résultats scolaires des jeunes et les données relatives à l’assiduité, à la ponctualité et a la discipline
- Pour organiser des événements de valorisation des efforts et des réussites
- Pour encourager l’engagement parental dans la réussite scolaire en associant les parents aux différentes transitions (maternelle-primaire, primaire-secondaire, etc.)
SOURCES
- 1
SOURCES - Le rendement scolaire en lecture, écriture et mathématiques
- Description de l’Enquête longitudinale auprès des jeunes en transition (EJET) : http://www.pisa.gc.ca/fra/ejet.shtml
- Janosz M., Pascal S., Belleau L., Archambault I., Parent S. et Pagani L. (2013), Les élèves du primaire à risque de décrocher au secondaire : caractéristiques à 12 ans et prédicteurs à 7 ans, Institut de la statistique du Québec. Repéré sur : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/sante/pdf2013/ELDEQ_fasc7no2_fr.pdf
- Janosz M. (2000), L’abandon scolaire chez les adolescents : perspective nord-américaine, VEI Enjeux, no. 122, septembre 2000. Repéré sur : http://www2.cndp.fr/revueVEI/122/10512711.pdf



