Les renseignements contenus dans cette page sont tirés d’une des fiches sur la persévérance scolaire de Réunir Réussir.
Autocontrôle et conduites sociales et comportementales
Le fait d’entretenir des interactions sociales positives avec les pairs et les adultes, de posséder des habiletés sociales favorables (empathie, entraide, écoute, etc.) et de maîtriser ses pulsions (autocontrôle) est lié à la réussite scolaire.
Une plus grande maîtrise de soi, c’est-à-dire la capacité des jeunes à contrôler leurs comportements et leurs pulsions, est associée à un rendement plus élevé en lecture, en vocabulaire et en mathématiques, ce rendement étant reconnu comme un déterminant de la persévérance scolaire.
L’examen des trajectoires de développement des enfants qui manifestent fréquemment des difficultés de comportement à la maternelle révèle qu’un grand nombre d’entre eux vont maintenir un taux élevé de difficultés comportementales tout au long de leur scolarité1. Ils sont également à risque de présenter des difficultés sur le plan scolaire, de décrocher de l’école2 et de manifester des problèmes de délinquance et d’intégration sociale. Rappelons que les élèves ayant des troubles du comportement sont les plus enclins à quitter l’école sans un diplôme d’études secondaires3. Le développement de stratégies d’autocontrôle devient donc un enjeu stratégique pour favoriser le cheminement scolaire de ces jeunes.
Les trois principaux troubles de comportement rencontrés dans les milieux scolaires sont le trouble de la conduite (TC), le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) et le trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDA-TDAH). L’agression envers une personne ou un animal, la destruction de biens matériels, le vol ou la violation grave des règles établies caractérisent le trouble de la conduite. Le trouble oppositionnel correspond, quant à lui, à un ensemble de comportements négatifs, hostiles ou provocateurs et persistants, mais sans violation des lois ou des droits d’autrui. Quant au TDA-TDAH, bien qu’involontaire, il peut prendre trois formes selon le cas. Il peut se traduire par une difficulté d’attention, un comportement impulsif ou hyperactif, ou encore présenter toutes ces caractéristiques à la fois. Notons que la présence de plusieurs diagnostics simultanés de ces troubles du comportement chez un jeune augmente le risque qu’il ne termine pas son cheminement scolaire.
POUR EN SAVOIR PLUS :
les Troubles du comportement externalisés : de l'étiologie à l'intervention différentielle
Contenus pour le développement des compétences personnelles et sociales des élèves
POUR AGIR EFFICACEMENT
Parmi les programmes les plus efficaces pour traiter les troubles de la conduite ou du comportement, ceux qui disposent à la fois d’un volet universel et d’un volet ciblé sont les plus prometteurs, autant pour les garçons que pour les filles. Ces programmes ont un certain nombre d’éléments en commun : ils misent sur les approches de modification du comportement et favorisent l’enseignement systématique et explicite des habiletés sociales, de la résolution de problèmes et des stratégies d’autocontrôle. Ils se fondent également sur le modelage et l’utilisation du renforcement positif.
De plus, la plupart des programmes éprouvés ont un volet expressément destiné aux parents et aux intervenants qui sont en contact direct avec la famille. En effet, la possibilité d’entraîner les parents et certains acteurs de la communauté à renforcer et à appuyer les interventions menées à l’école offre un grand potentiel d’efficacité.
De tous les jeunes à risque, ceux qui éprouvent des difficultés de comportement sont ceux qui attirent le moins la sympathie des intervenants qui travaillent avec eux. Pourtant, des progrès extrêmement importants ont été réalisés depuis une vingtaine d’années et ont permis de déterminer et d’expérimenter des pratiques efficaces qui offrent des alternatives au retrait et à l’isolement que vivent à répétition ces jeunes.
Dans un autre ordre d’idées, des chercheurs4 se sont questionnés sur les liens entre les troubles de comportement et les difficultés de lecture. Ils ont analysé les données recueillies dans le cadre d’une étude longitudinale portant sur plusieurs cohortes d’élèves suivies depuis la maternelle. Ils ont non seulement constaté que les élèves ayant des troubles de comportement en première année étaient susceptibles de présenter des difficultés de lecture en troisième année, mais également que les élèves vivant des difficultés de lecture en première année étaient aussi susceptibles de présenter des problèmes de comportement en troisième année. Cette constatation laisse entrevoir l’importance que revêt le traitement simultané des deux aspects dès le début de la scolarité.
QUELQUES PISTES POUR AGIR EFFICACEMENT SUR L’AUTOCONTRÔLE ET LES CONDUITES SOCIALES ET COMPOTEMENTALES
- 1
Associer les parents à toutes les démarches liées au comportement du jeune.
- Pour s’assurer que les conditions favorables à son développement optimal sont en place (sommeil, alimentation, événements perturbateurs, fréquentations, etc.)
- Pour s’assurer de travailler de manière cohérente avec les intervenants (discours commun, messages clairs, etc.)
- 2
Dépister systématiquement les jeunes dès leur entrée à l’école pour intervenir tôt.
- Prêter une attention particulière aux jeunes qui font leur entrée à l’école, particulièrement aux garçons, ainsi qu’aux jeunes qui entrent au secondaire et qui sont plus à risque, et intervenir intensivement auprès d’eux
- 3
Mettre en place des ateliers de développement des habiletés sociales pour TOUS les jeunes et ce, dès la petite enfance
- Pour travailler de manière cohérente avec la famille dès le départ
- Pour leur permettre de connaître les attentes du milieu en matière de comportement en groupe, de code social, etc. (règles de conduite, partage, empathie, résolution de conflits, politesse, respect, communication avec les pairs ou les adultes, etc.)
- Pour démontrer les effets du comportement sur les autres plutôt que de recourir à la punition
- 4
Mettre en place des mesures pour inclure et intégrer ces jeunes plutôt que de les exclure.
(développement des compétences de résolution de situations difficiles grâce à un suivi individuel, mise à profit des forces et de l’expertise du jeune dans différentes situations, développement d’attitudes positives grâce à des activités qui correspondent à ses intérêts, etc.)
- 5
Mettre en place des mesures qui valorisent les comportements positifs et le renforcement.
(interventions, code de conduite, attentes plutôt que critiques, etc.)
- 6
Proposer des activités parascolaires qui intéressent ces jeunes et qui leur permettent de se dépenser, de s’investir et de vivre des succès.
(sport, robotique, illustration, arts martiaux, slam, danse, etc.)
SOURCES
- 1
SOURCES - Autocontrôle et conduites sociales et comportementales
- Côté S. M., Vaillancourt T., LeBlanc J.C., Nagin D.S. et Tremblay R.E. (2006), The Development of Physical Aggression from Toddlerhood to Pre-Adolescence: A Nation Wide Longitudinal Study of Canadian Children, Journal of Abnormal Child Psychology, 34 (1), 71-85.
- Vitaro F., Brendgen M., Larose S. et Tremblay R. E. (2005), Kindergarden disruptive behaviors, protective factors, and educational achievement by early adulthood, Journal of Educational Psychology, 97 (4), 617-629.
- Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, (2006), Classe ordinaire et cheminement particulier de formation temporaire. Analyse du cheminement scolaire des élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage à leur arrivée au secondaire, Québec, Canada.
- Morgan et al. (2008), Are reading and behavior problems risk factors for each other? Journal of learning disabilities, vol. 41, no. 5, Sept. 2008.



