Les renseignements contenus dans cette page sont tirés d’une des fiches sur la persévérance scolaire de Réunir Réussir.
RESSOURCES DU MILIEU
Différentes ressources périphériques au milieu scolaire existent dans les quartiers pour soutenir les jeunes et leur famille : services sociaux, Centres de la petite enfance, Centres jeunesse, Carrefours jeunesse-emploi, ressources en santé, bibliothèques, infrastructures sportives, intervenants communautaires, etc. L’accès à ces services peut s’avérer problématique pour les jeunes et les familles, par exemple en raison de l’éloignement géographique, de la disponibilité des places, ou encore de la répartition des ressources sur le territoire. La concertation entre les services et la définition de leur rôle respectif dans la prévention de l’abandon scolaire représentent également un enjeu de taille.
La cohésion sociale d’un territoire s’appuie sur la présence, dans le milieu, de ressources communautaires telles que les services en matière de logement, d‘éducation, de soins de santé, de garde, de camps de jour, d’activités parascolaires, culturelles, sportives, etc., lesquelles peuvent toutes servir de soutien aux enfants, aux jeunes et à leur famille.
Le lieu de résidence et l’accès aux ressources sont deux déterminants de la réussite intimement liés. On peut difficilement agir sur l’un sans agir sur l’autre.
Pour en savoir plus sur le déterminant Quartier de résidence et voisinage, cliquez ici.
Or, « les familles qui vivent sous le seuil de la pauvreté sont confrontées quotidiennement au défi de la satisfaction de leurs besoins fondamentaux »1. Dans ce contexte, puisque les jeunes décrocheurs proviennent, le plus souvent, de milieux socioéconomiquement défavorisés, les ressources de ces milieux doivent chercher à compenser la défavorisation sociale et matérielle engendrée par la pauvreté et la faible cohésion sociale de ces quartiers. Ces ressources doivent réussir à briser le cycle de la pauvreté qui se perpétue de génération en génération.
D’autant, Coleman et al.2 mentionnent que les jeunes issus de milieux défavorisés n’ont pas l’impression qu’ils ont la capacité de réussir ou d’avoir du pouvoir sur ce qui peut leur permettre de réussir. Par contre, ils avancent que l’incidence négative du milieu socioéconomique tend à diminuer vers la fin du parcours scolaire.
Pour aller dans le même sens, un sondage réalisé par le ministère de l’Éducation du Québec3 montre qu’une proportion importante d’élèves en difficulté d’adaptation et d’apprentissage proviennent de milieux socioéconomiquement défavorisés. Ce constat est d’autant plus dramatique que les difficultés d’apprentissage augmentent les risques que les jeunes décrochent de l’école.
POUR AGIR EFFICACEMENT
Selon Perron4, les écoles doivent relever le triple défi d’assurer un encadrement scolaire adéquat, de soutenir les aspirations scolaires des enfants et de fournir un suivi en lien avec la négligence, l’abus et le manque de ressources dont sont victimes certains enfants de milieux défavorisés, particulièrement les plus jeunes. Sans compter qu’il est primordial d’agir plus intensivement et avec plus de continuité auprès des élèves en difficulté qui sont encore plus à risque. Ainsi, il semble souhaitable de créer un filet de sécurité autour de ces jeunes en mobilisant la communauté autour des problématiques de persévérance scolaire liées à la pauvreté et au manque de ressources de ces milieux et de ces jeunes en situation de vulnérabilité.
C’est l’objectif du modèle d’intervention ontarien Wraparound 5 qui vise à fournir services et soutien au jeune et à sa famille en misant sur les forces de la communauté et en créant un réseau d’aide enveloppant autour de lui. En fonction des besoins identifiés, une équipe constituée de membres de la famille, de la communauté et des services institutionnels se constitue et se mobilise pour soutenir le jeune et sa famille en modifiant le plan d’intervention à mesure que les besoins évoluent. L’approche est centrée sur les forces du jeune et de sa famille.
Les instances régionales de concertation en persévérance scolaire (IRC), dont le réseau s’est étendu à tout le Québec au cours des 10 dernières années, agissent aussi dans cet esprit de partenariat. Elles ont contribué à mobiliser les décideurs régionaux de différents secteurs afin qu’ils mettent leurs ressources en commun et interviennent avec les acteurs locaux pour diminuer les inégalités qui augmentent les risques de décrochage scolaire des jeunes.

QUELQUES PISTES POUR AGIR EFFICACEMENT SUR LES RESSOURCES DU MILIEU
- Assurer l’élaboration de planifications stratégiques régionales-locales dans toutes les régions et sur tous les territoires du Québec de façon à offrir un meilleur accès et une meilleure continuité des services « du berceau à la fin du secondaire »
- En mobilisant les communautés autour de la diminution des inégalités sociales et de la réussite éducative, tant aux paliers national et régional que local (décideurs, ressources institutionnelles et communautaires, acteurs-terrain, etc.)
- En procédant à une analyse des besoins des jeunes de la communauté et de leur famille portant sur la persévérance scolaire, la réussite éducative et les conditions de vulnérabilité
- En déployant un plan d’action régional-local concerté et basé sur des actions efficaces et la mise en commun des ressources et des expertises
- En suivant le déploiement et en évaluant les effets des actions sur les conditions de vulnérabilité des jeunes, et en bout de ligne, sur leur réussite
- Offrir des ressources pour accompagner les parents de milieux défavorisés dans leur rôle d’encadrement scolaire, en collaboration avec l’école (littératie, éveil à la lecture et à l’écriture, aide aux devoirs, développement de compétences sociales, sens de l’effort, conciliation études-travail, etc.)
- Sensibiliser les employeurs du quartier à l’importance de l’éducation pour les jeunes de la communauté
- Mettre en place des services pour développer les aspirations scolaires et professionnelles des jeunes et de leurs parents, particulièrement ceux vivant en milieu défavorisé (valorisation, orientation, attentes élevées, etc.)
- S’assurer que le jeune vulnérable évolue dans un milieu de vie sain et sécuritaire, exempt de violence et de négligence (services de soutien à la famille, suivi avec l’école, etc.)
SOURCES
- 1
SOURCES - Ressources du millieu
- CREPAS (2001), Les milieux à risque d’abandon scolaire. Quand pauvreté, conditions de vie et décrochage scolaire vont de pair.
- Coleman J.S., Campbell E.Q., Hobson C.J., McPartland J., Mood A.M., Weinfeld F.D. et York R.L. (1966), Equality of Educational Opportunity, Washington, U.S. Department of Health, Education and Welfare, 737 pages.
- Ministère de l’Éducation du Québec (1997), La situation des jeunes non diplômés de l’école secondaire. Sondage sur l’insertion sociale et l’intégration professionnelle des jeunes en difficulté d’adaptation et d’apprentissage et des autres jeunes non diplômés de l’école secondaire, Direction de la recherche, Direction de l’adaptation scolaire et des services complémentaires, 175 pages.
- Perron M. (1997), Sociodémographie de la santé à micro-échelle : un modèle de différenciation spatiale au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Thèse de doctorat de géographie de la santé. Montpellier III, Université Paul Valéry, 470 pages.
- http://www.pathwayschildrenyouth.org/index.cfm?CategoryID=29&SubCategoryID=84



